Découverte : le massage agit sur certains gènes

C’est une découverte qui sort de l’ordinaire. Un biologiste canadien de l'université de McMaster, Mark Tarnopolsky, vient de mettre en évidence un mécanisme d’action du massage jusqu’alors inconnu: il agit sur l’expression de certains gènes.
On connaît les effets du massage: détente, récupération après l’effort, diminution des contractures, diminution des douleurs inflammatoires, entre autres. Sans oublier le fait du toucher qui écoute le corps et lui parle selon son besoin. On connaît aussi plusieurs de ses indications: contractures, inflammations, douleurs, maux de tête, entre autres. J'ai aussi reçu des patients pour des arthrites ou des sciatiques. On ne peut prétendre soigner tout par le massage, mais on soulage beaucoup de situations de souffrance. Une des explications est l’action sur la microcirculation. Le rythme pression-détente attire plus de liquides, sang et lymphe, et les met en mouvement. Il contribue à éliminer des déchets, par exemple d’acide lactique ou urique, et à diminuer l’effet de contracture et d’inflammation produit par ces déchets en diminuant leur concentration dans les tissus musculaires ou conjonctifs. Le muscle est alors moins réactif, moins stressé, et se décontracte plus facilement. Le fait de réintroduire un rythme dans un tissus en stress d’effort ou d’inflammation est également thérapeutique. Un muscle est fait pour alterner contraction et relâchement. Dans le stress, un muscle ne retrouve plus ce rythme, ou seulement partiellement. Le fait de le comprimer mécaniquement et en rythme pousse le muscle à retrouver son propre rythme. En plus de ces aspects Mark Tarnopolsky a fait une étude sur onze sportifs. Il a prélevé du tissus musculaire lors d’un effort, avant un massage, puis 10 minutes après, puis 2 heures après. Une seule jambe a été massée.
Il a ensuite analysé les prélèvements des deux jambes: recherches des microlésions musculaires, dosage des différentes molécules, recherche des protéines activées. Les résultats entre les deux jambes étaient très nets: les molécules qui signent les inflammations étaient beaucoup moins concentrées dans les jambes massées. Il a pu mettre en évidence l’action du massage dans les cellules. Celles-ci produisent des protéines qui transforment l’action mécanique en message biologique. Ces messages biologiques activent alors certains gènes, dont l’un est connu pour diminuer les mécanismes d’inflammation. Le massage agit donc comme un médicament local, avec un résultat durable. De plus le chercheur a observé l’activation d’une protéine qui augmente le nombre des mitochondries. Ces organites cellulaires (image 2 nursingcrib) augmentent l’énergie musculaire. Le fait devra encore être démontré mais il semble bien qu’une série de massage puisse augmenter durablement l’énergie globale d’une personne. La pratique le démontre: les patients sentent le changement progressif dans leur corps à mesure des séances reçues, quel que soit leur âge. La fréquence dépend du niveau d’activité et du besoin du patient, ainsi que du type de massage. Plus il est précis et touche les différentes couches musculaires et ligamentaires, plus il est efficace. Il demande d'être très à l'écoute de l'autre et des messages de son corps: tensions, douleurs, dissymétries. On peut aussi ajouter au massage un travail en Gestalt qui permet de mettre des mots sur les maux, de comprendre ce que le corps veut dire. Le massage a toujours été pratiqué dans toutes les civilisations. Il fait partie de toutes les traditions de santé. Cette découverte scientifique récente confirme et en précise encore plus le processus.

Source :
TRIBUNE DE GENEVE,
Les Blogs, Les Hommes Libres
7.04.2012